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Jordan Savelli (Directeur Esport chez Falcons) : "karrigan a été un gros facteur du changement de l'équipe"

Il y a 4 heures

En pleine Esports World Cup, Jordan Savelli, alias Next, Global Director of Esports chez #Falcons, nous a accordé une interview. Figure historique de Counter-Strike passée par #3DMAX , #Envy et Prodigy Agency, le Français revient sur les coulisses de son rôle chez #Falcons , le premier Major remporté par l'organisation, l'impact de l'arrivée de @karrigan et les ambitions de l'équipe pour la suite de la compétition.

Je suis en direct de l'Esports World Cup avec Jordan Savelli, également connu sous le pseudo Next. Jordan, tu es Global Director of Esports chez Team Falcons. Est-ce que tu peux expliquer exactement en quoi consiste ton travail chez Falcons ? Quelles sont tes tâches au quotidien ?

Pour faire très simple, je définis la stratégie sportive sur toute la saison et sur tous les jeux. Pas uniquement Counter-Strike, mais avec un gros focus dessus quand même, CS étant mon jeu de cœur.

En gros, ça consiste à scouter au bon moment, définir sur quels jeux on se lance, avec quel budget, quels sont les objectifs sur chaque jeu, etc.

Tu supervises près de 23 équipes différentes au sein de Team Falcons. Comment est-ce qu'on gère autant d'équipes ? Au quotidien, comment tu arrives à avoir un œil un peu partout ?

On dort très peu (rires).  Non, en réalité, on a un très gros staff. On a un manager par jeu, des General Managers par région. C'est ce qui nous permet d'avoir les yeux partout, de s'assurer qu'on ne rate rien et que tout est au bon endroit, au bon moment.

J'aimerais revenir sur ton parcours. Tu viens de Counter-Strike à la base. Si je ne me trompe pas, tu as commencé comme manager chez 3DMAX en 2013. D'où vient ton amour pour CS ? Et comment es-tu arrivé chez 3DMAX ?

Mon amour pour CS remonte à très longtemps. J'ai commencé à jouer vers 13 ou 14 ans avec des potes en cybercafé, on avait une petite équipe à l’époque. Et à un moment, je me suis rendu compte que je n'étais pas spécialement bon comme joueur. Ce qui me plaisait vraiment, du haut de mes 16 ans, c'était gérer des humains. Créer des synergies entre les joueurs, chercher des petits sponsors pour organiser des LAN locales. J'ai eu la chance de rencontrer des personnes, et peut-être aussi un peu de culot. J'avais contacté un manager qui s'appelait Dioums pour lui demander des conseils. Il m'a pris sous son aile, m'a intégré dans plusieurs équipes amateurs, notamment Invictus avec Binet, il y a très longtemps. Ça m'a ouvert des portes. J'ai commencé à aller sur des événements, puis en 2012-2013, je rejoins 3DMAX. Ça se passe bien. En 2014, on gagne l'ESWC avec l'équipe féminine, c'était une expérience incroyable. Puis en 2015, je signe mon premier contrat professionnel chez EnVy.

Tu signes donc chez EnVy en 2015, puis tu passes notamment par Prodigy Agency. Tu peux me raconter cette période et comment tu finis par rejoindre Team Falcons ?

Chez EnVy, c'était une expérience folle. À l'époque, il n'y avait pas encore de coach, pas de coach mental. Le manager faisait un peu tout : le papa, le frère, le soutien mental... J'ai eu la chance de me consacrer uniquement à Counter-Strike pendant deux ans. Ensuite, j'ai participé au développement de la marque en Europe et au lancement d'autres projets : l'académie CS, Rocket League, Street Fighter, FIFA etc.

Après ça je suis parti, et j’ai eu un passage un peu plus dans le monde “classique”, mais toujours tourné vers l’esport. Une boîte qui s'appelait Nice Cactus. On ne va pas rentrer dans les détails, mais il y a beaucoup de personnes pas honnêtes dans ce milieu et ça fait partie des projets pas très stables dans l'esport. Puis Prodigy Agency a été une expérience incroyable. J'y ai énormément appris. Merci à Jérôme, il m'a beaucoup aidé. J'ai travaillé avec la plupart des grandes équipes du monde et énormément de gros joueurs. Puis, fin 2023, Falcons est venu me voir. À la base, ils m'ont proposé le poste de General Manager Europe. Deux ans plus tard, j'ai eu la chance d'évoluer en interne jusqu'à mon poste actuel.

Cette année, Falcons a enfin remporté son premier Major sur Counter-Strike. Qu'est-ce que ça fait de soulever ce trophée après toutes ces années ?

C'était incroyable. Déjà parce qu'on avait perdu 7 finales avant ça. Ensuite parce que c'était le premier Major de quatre de nos joueurs, notamment NiKo qui le poursuivait depuis tellement longtemps. Je pense aussi à m0NESY, qui fait un tournoi exceptionnel. J'étais tellement heureux pour tous les joueurs en fait. J'étais aussi très heureux pour notre staff qui fait un gros travail. On a la chance d’avoir un staff français avec Aymeinstein, Xavier Roussac, et pour eux c’était l'occasion de mettre les mains sur ce trophée tellement prestigieux.

Et puis il y avait une dimension personnelle. Dix ans plus tôt, avec EnVy, on avait perdu cette même finale contre Fnatic après une remontée incroyable. C'était à la fois mon meilleur et mon pire souvenir dans ma carrière. Cette fois-ci, ça faisait vraiment du bien de casser cette série.

Est-ce qu'il y a eu des moments où tu as commencé à perdre espoir ?

Non. Ma devise, c'est "never give up". On se dit qu’on peut faire quelque chose de bien. On essaie toujours de faire mieux.

On a eu la chance de pouvoir ramener karrigan dans l'équipe. Il a été un gros facteur du changement de l’équipe. On ne pensait pas que ça fonctionnerait aussi vite. On baisse jamais les bras. Quand tu as des joueurs aussi talentueux, tu ne peux qu'avoir de grandes ambitions.

Parlons de cette Esports World Cup. Falcons est double tenant du titre du Club Championship, mais vous n'avez toujours pas remporté le tournoi sur Counter-Strike. Cette année, c'est la bonne ?

Écoute, on ne va pas se porter la poisse. J'espère que oui. Le tableau est très compliqué. On vient de battre The MongolZ, mais maintenant il y a Legacy, qui nous a déjà battus récemment en finale. Si ça se passe bien de l'autre côté, il y a potentiellement Vitality ou Spirit. La demi-finale pourrait être énorme. En tout cas, ça nous aiderait énormément à aller chercher un troisième Club Championship. On a ce qu’il faut pour le faire mais la beauté de Counter-Strike, c'est qu'on ne sait jamais qui va gagner.

Y a-t-il un match-up que tu aimerais particulièrement avoir, en demi-finale ou en finale ? On parle beaucoup d'un potentiel Vitality-Falcons à Paris devant un public acquis à Vitality. Tu as une préférence ?

Honnêtement, c’est dur, mais je préférerais jouer Vitality. On les connaît, on sait les jouer, et ça nous a souvent réussi. Mais il ne faut jamais prendre ce genre de choses pour acquises, surtout avec tout un public derrière eux. Au-delà du résultat, je pense surtout à la beauté du match. Un Vitality-Falcons offre presque toujours un Counter-Strike magnifique, et au final, c'est pour ça qu'on est tous là.

Merci beaucoup pour ton temps, Jordan. Je vous souhaite le meilleur pour la suite.

Merci beaucoup.

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