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Ce vendredi 28 novembre, les finales de la saison 8 de l’ESL Impact démarrent à 10h. Les huit meilleures formations féminines des six derniers mois se retrouvent à Stockholm pour le dernier trophée du circuit Impact, quelques semaines après l’annonce de son arrêt. Petit tour d’horizon des équipes et surtout… Quelle suite pour la scène féminine ?

© Rachel Matthews, ESL.
Pour la 10e LAN de l'ESL Impact, le suspense ne pouvait pas être plus grand. Les tenants du titre, FURIA Fe, ne pourront pas le défendre, une première depuis la naissance du circuit. On y retrouvera surtout une Française, Mayline-Joy “ASTRA” Champliaud, au lead chez BIG Equipa, une des favorites à la victoire finale.
L’Europe : revenir au sommet
L’hégémonie d’Imperial Valkyries n’a jamais été aussi proche de finir. Après 8 titres en 8 finales, la meilleure équipe féminine de tous les temps n’a pas passé sa meilleure année. Malgré un début d’année historique (BLAST Bounty et play-ins de Katowice), la défaite contre FURIA Fe à Dallas a mis un stop dans leur domination. Depuis, Zainab “zAAz” Turkie s’est mise en retrait, laissant place à Narmina “wieenN” Gasanova, sans avoir de résultats probants en phase de groupe (3 victoires pour 2 défaites).
“Il y avait un grand vide après le départ de zAAz, mais wieenN était le meilleur choix pour la remplacer, indique la commentatrice Lucy “LucyLuce” Eastwood. Son style se marie bien avec celui d’Imperial, il y a juste à voir son rating sur les derniers événements (1.22 sur la finale de la Female Pro League s1, 1.09 depuis son arrivée, juste derrière ANa à 1.10 NDLR). Je ne pense pas qu’un début de saison un peu compliqué soit si problématique pour elles. Puis la victoire contre BIG en FPL en LAN montrent qu’elles sont toujours redoutables dans cet environnement. Et sans FURIA, ça ouvre la conversation sur quelles équipes sont capables de les battre.”
Plus que les trophées, le titre de meilleure joueuse HLTV de l’année pourrait se jouer sur cette LAN. La Roumaine Ana “ANa” Dumbrava, triple lauréate en 2022, 2023 et 2024, n’a jamais eu autant de concurrente pour sa couronne. Ce serait aussi la première fois qu’une autre joueuse remporte ce titre depuis sa création en 2022. “ANa est en train de refaire son retard pour se succéder, et wieenN pourrait bien être sa plus grande rivale si Imperial gagne tout, indique LucyLuce. Mais je mettrai aussi ASTRA et Qiyarah dans la discussion. Ça dépendra de qui gagnera sur scène.”
Car en plus d’Imperial, deux formations ont pris en importance, et font figure d’épouvantail. NIP Impact et BIG Equipa, les seeds 1 et 2 européennes sur l’événement, ont rattrapé le retard, et ont une dernière chance de soulever un trophée qui leur tend désespérément les bras.
“C’est devenu presque un Clasico, mais c’est la première fois que les deux équipes ont une réelle chance de soulever le trophée, poursuit Lucy. Même si j’adore BIG, je pense que NIP sont les plus grandes favorites. Ana “Zana” Marques est une starplayeuse et une snipeuse fantastique, elle l’a toujours été, et elle s’intègre bien au plan de jeu. Ksenia “vilga” Klyuenkova a toujours su utiliser au maximum ses AWP dans son lead.”
En face, BIG sort d’une finale perdue en Female Pro League en 5 cartes, malgré une ASTRA sensationnelle. La LIG française a le meilleur rating de son équipe les 3 derniers mois (1.25). “BIG a rendu une copie parfaite malgré un groupe plus relevé, et en ayant battu Imperial. Elles ont les capacités de le faire. Pour moi elles retrouveront NIP en finale si tout se passe bien”
L’Amérique du Sud : un outsider plus que sérieux
Avec seulement deux équipes, et de plus sans FURIA les tenantes du titre, le trophée n’a pas énormément de chances de rester dans la région. Mais l’AmSud a connu une évolution linéaire plus qu’intéressante, justement récompensé en saison 7. “C’était une région qui avait deux équipes qui dominaient largement, mais cette saison, c’était incroyable, raconte Freddie “GrimyRannarr” Pritchard. Atrix qui renverse la hiérarchie, c’était surprenant. Et puis le niveau global est monté, comme avec 4Magic qui a montré de très belles choses. En plus, voir qu’il y a plus de joueuses hors Brésil, c’est très positif. La première fois qu’une équipe avec une core non brésilien c’était en S3. Depuis, une Argentine est championne du monde”.
Mais par rapport à d’autres scènes, le Brésil est une terre de LANs et d’événements pour les équipes féminines, ce qui explique aussi son bon développement par rapport à l’international. “FERJEE, Rainhas do Clutch et le Lótus Challenge ont permis aux joueuses d’avoir beaucoup d’expérience sur scène. En plus, avec la fermeture de l’ESL Impact, et plus qu'avoir des expériences en LAN, ça aide à faire vivre la scène” poursuit GrimyRannar.
Pour ce qui est des équipes, MIBR est celle qui possède la meilleure chance d’aller chercher des upsets dans ce tournoi. Avec l’addition d’Olga “Olga” Locatelli au lead en début de saison 8, de retour d’Europe, l’équipe a repris des couleurs. “Je l’avais appelé la Super Team Sud-américaine, mais elles n’ont pas vraiment tenu promesse, poursuit le caster irlandais. Je ne pensais pas que le départ à la retraite de Lara “goddess” Baceiredo serait la solution. Mais ça a fonctionné, et les individualités comme Daniele “Dani” Cavallari produisent leur meilleur CS. Et puis goddess est resté dans un rôle managérial, et les aide beaucoup. Elles n’ont aucun doute dans leur tête.”
Pour les nouvelles venues Atrix, les espoirs sont aussi de mise pour GrimyRannar, avec une équipe assez jeune et prometteuse. “Elles ont une LIG super jeune, et elles ont beaucoup travailler pour rendre cette saison excitante! La signature de Dani “eleveN” Alves Barbalho a amené une puissance de feu dingue. Maintenant, la question est de savoir si la forme sera là en LAN. Elles ont fait quelques finales dans les autres LANs régionales, en perdant contre FURIA et MIBR, mais ça leur donne une belle préparation pour Stockholm. Surtout qu’elles étaient souvent en bootcamp. Elles sont fun à regarder jouer, surtout leur sniper, Mariana “LyttleZ” Pádua Sabia.”
L’Amérique du Nord : pour bien finir ?
En dehors de la désillusion de Dallas en saison 7 et la défaite de Sakura en finale (sous le tag Supernova Comets à l’époque), il n’y a pas eu beaucoup de résultats positifs pour la scène NA. Cependant, les équipes ont pris des expériences assez importantes, notamment en LAN, avec des participations et des Top 9-16 et même un Top 5-8 pour FlyQuest RED début novembre lors de la dernière Fragadelphia en date.
Depuis le départ de Coline “Kaoday” Le Floc’h en début d’année et l’arrivée de la jeune danoise Marie “marie” Sørensen, FlyQuest a eu du mal à se mettre en jambe. Battue par Sakura en saison régulière en Saison 7, elles ont encore une fois subi une élimination en phase de poule. Retrouvant sa place de n°1 NA après un sans faute, battant notamment Sakura 2-1 lors de la dernière journée, l’équipe semble de nouveau prendre la bonne direction.
Pour Sakura, l’équipe reste inchangée par rapport à la performance de Dallas, décrochant le meilleur résultat de la région avec une 2e place. Sous l’impulsion du duo Lucy “Empathy” Verkaik et Lydia “Fawx” Dalton, les deux meilleurs rating de la saison régulière, elles chercheront à reproduire l’exploit de la Saison 7. De façon similaire à FlyQuest, Sakura pourra compter sur de l’expérience importante acquise lors de différents tournois, notamment un Top 16 à Fragville, en septembre dernier.
L’après ?
S’il n’y pas vraiment d’information sur à quoi ressemblera le circuit féminin mondial en 2026, des initiatives en Europe et en Amérique du Sud n’ont pas attendu pour voir le jour. La Female Pro League, organisée au Kazakhstan, a réuni les meilleures équipes du vieux continent dans un tournoi hybride, en online puis en LAN, tout comme les Trade It Masters FE et les tournois Elite, qui organise régulièrement des événements online en Europe, et une LAN mixte début décembre à Paris. “La fermeture du circuit Impact, sur le coup, c’était une grosse surprise, et assez triste, explique LucyLuce. Avis partagé par GrimyRunnar. “Mais la scène s’est retrouvée dans des situations bien pires avant ça, avec presque rien, poursuit l’Australienne. Il y a déjà pas mal d’initiatives qui se sont mises en place avec la FPL, Elite et la JB League qui arrive aussi. J’espère qu’un grand organisateur va repérer ce créneau et faire quelque chose qui fonctionne bien.”