
Il y a 2 heures
Récemment arrivé chez #HEROIC en tant qu’assistant coach, @killazoo s’est livré à notre micro lors de l’Esports World Cup à Paris. Le Français revient sur son arrivée au sein de l’équipe, ses retrouvailles avec @Chr1zN, ses ambitions avec ce nouveau projet, tout en évoquant ses expériences passées chez #OG et #3DMAX.
Je suis donc avec killazoo ici, en direct de l'Esports World Cup à Paris. killazoo assistant coach chez HEROIC maintenant. Est-ce que tu peux me parler un petit peu de comment s'est passé ce transfert, cette arrivée chez HEROIC ? Parce que c'est assez récent. Et comment tu t'y plais maintenant dans ce nouveau groupe ?
Ça a été assez simple. Déjà, ça s'est fait juste avant la fin du break estival. Je crois que quatre jours avant, j'ai été contacté par HEROIC et, en gros ils voulaient juste changer de staff, tout simplement. Donc les deux assistants coach et head coach. Et j'avais déjà eu Chr1zN sous mon coaching chez OG, où on a fait notre premier Major tous ensemble à Austin et c'était une collaboration qui avait été fructueuse, tout simplement. On s'entendait bien en plus humainement, donc quand il a pensé à changer, enfin quand il a dû penser à des pseudos pour changer de staff, il a pensé à moi directement et il a été assez, comment dire, ferme avec l’orga en disant en mode : « Je veux killa. ».
Et moi, c'est un truc, forcément, déjà d'une, ça fait plaisir, et quand l'offre est venue, tout simplement. Quand tu réfléchis, quand tu compares les deux équipes, et même les orgs parce que je vais en parler, en vrai tu as une org qui est quand même un peu au-dessus. Chez OG, on avait un peu des problèmes au niveau des buyouts pour restructurer l'équipe, quand on a dû faire des changements, on ne pouvait pas taper dans le pool de joueurs qu'on voulait toujours, ce qui a été difficile pour moi et Lambert.
Là, j'arrive dans une équipe qui était en restructuration et on m'avait prévenu justement qu'ils essayaient de signer MartinezSa et Brollan. Moi, quand on m'annonce que justement on est capable de signer ce genre de joueurs, que l'équipe est déjà aussi mieux rankée, et qu'il y a Chr1zN avec qui j'avais très envie de retravailler quand il est parti de chez OG, parce que c'était une déception pour moi parce que je n'avais pas du tout envie qu'il parte. Et donc quand tu mets toutes ces choses bout à bout, pourquoi refuser tout simplement ?
J'ai une équipe en descente qui est forcément... Ce n'est pas toujours de mon ressort de faire en sorte... Je me sentais un petit peu démuni face à certaines des problématiques que j'avais chez OG. Et j'ai une équipe qui est au contraire en train de se reconstruire, qui a des objectifs de remonter dans le top 10, qui veut y mettre les moyens et qui a un lead surtout avec lequel je m'entends très bien et avec qui je sais que ça va être facile de collaborer. Je ne peux pas dire, en vrai, je ne peux pas dire non, tout simplement.
Évidemment, il n'y a pas photo. Tu l'as dit, vous avez une line-up très intéressante avec les arrivées de MartinezSa et de Brollan. Quels sont vos objectifs, vous, pour le reste de la saison et comment tu sens ce groupe ? Jusqu'où vous pouvez aller ?
Alors, pour le reste de la saison, évidemment, ça va être réussir la qualification pour le Major : Stage 1, Stage 2, honnêtement, je m'en fous. Qu'on passe au Stage 1, au Stage 2, parce que je veux juste y être, parce que je sais très bien, j'ai déjà fait un Major en commençant au Stage 1, je vois ce que c'est. On est passé au Stage 2 justement avec Chris, on sent qu'on était chez OG, j'estime qu'on a une meilleure line-up là avec HEROIC que ce qu'on avait chez OG à l'époque, donc je sais que ce sera faisable de grind ce Major justement si on y arrive.
Le plus dur, c'est d'y arriver, c'est l'objectif numéro un. Après, pour le reste, les invitations ont déjà été scellées, il n'y a plus grand-chose. Maintenant, il faut se taper dans les closed qualifer, même si on est top 27 actuellement au VRS, il n'y a plus d'invits en ce moment, donc ça va être la guerre un petit peu.
Personnellement, moi, j'ai l'habitude de ce circuit T2-T3 que j'ai eu avec OG, donc je sais comment ça se passe les closed qualifier en ligne, je sais comment ça se passe ces petites LAN, ces DracuLAN, ces Stake. On en a gagné une de Stake avec HEROIC justement quand je suis arrivé, donc c'est pas du tout quelque chose qui me fait peur, mais c'est plus une étape de plus à franchir et sur laquelle il ne faut pas trébucher, tout simplement, on va dire. Et ouai, moi je me sens prêt pour ça.
C'est quoi le pallier de l'équipe ? Très difficile de le dire. J'estime que le ceiling (plafond) est très, très haut. Maintenant, c'est renforcer les fondations pour faire en sorte que le niveau soit plus constant, comme toujours. C'est un truc que tu entends beaucoup venant des coachs, évidemment, mais je pense que c'est le même problème pour toutes les équipes qui ne sont pas dans le top 5, top 10. Toujours, on a des ceilings hauts, on peut aller faire des upsets, mais c’est quoi notre ceiling minimum ? Notre fondation plutôt, plutôt que ceiling minimum, excusez-moi.
On l'a dit, tu tiens le poste d'assistant coach. Est-ce que tu pourrais nous expliquer un petit peu, pour nos viewers qui regardent à la maison et ne savent pas trop comment ça se structure une équipe CS, quelles sont un peu tes tâches au quotidien. Et chez HEROIC ça consiste en quoi d'être assistant coach ?
Alors, ça diffère énormément selon les duos que tu as en tant que coach et head coach. Tu peux avoir des head coaches qui sont très portés macro, micro, j'en sais rien. Et en fait, la clé est tout simplement de se rendre compte des forces de chacun, des expertises de chacun aussi, des affinités dans le travail de chacun. J'insiste beaucoup là-dessus parce que c'est très important que les deux coachs se sentent épanouis dans les tâches qu'ils ont. Parce que tu peux être très bon dans un domaine, mais ça peut te saouler si tu fais ça pendant six mois d'affilée, etc. Donc des fois, tu te répartis un petit peu les tâches, tu te renvoies la balle et tout. Et j'estime que je travaille toujours plus efficacement quand tu aimes les tâches que tu fais à répétition.
Et on le sait, enfin vous ne le savez peut-être pas, mais le travail de coach, c'est hyper répétitif. Tu vas regarder dans un moment de démo, tu vas regarder qu'est-ce que tu dois ajouter dans ton book, ton panel de stratégies, pour faire en sorte que tu sois le moins lisible possible. Tu review aussi tes propres game, pour vous donner un exemple concret, à chaque fois que je mets un mur classique sur Nuke, j'ai tendance à toujours jouer secret ou toujours jouer en exec A, ça, c'est quelque chose que l'équipe d'en face va pouvoir s'en rendre compte et essayer de jouer contre nous, donc soit tu fake ton round, soit tu rajoutes des rounds pour que ce soit moins lisible, etc...
Donc c'est un peu ça, c'est cette veille active sur ton propre jeu, et aussi beaucoup d'analyse de l'équipe adverse avant les matchs pour préparer les games et justement avoir ce genre de mêmes exemples de “Tell”... ce qu'on appelle des tells, nous, des.... des indices qu'on peut avoir sur l'équipe adverse. Et proposer des game plans à l'équipe avec un premier round d'armée, deuxième round d'armée, des forces. Comment on va aborder les anti-ecos ? Comment on va aborder les pistols, etc. C'est un peu un micmac de tout ça. Ça dépend de tes forces, tes qualités en tant que head coach ou assistant coach et voilà, faire en sorte que ça marche.
Et aussi, le plus important, je dirais, donner une vision à court, moyen et long terme à ton équipe. Dans quelle direction on va ? Quels sont vos objectifs en tant que groupe ? Quels sont vos objectifs individuels ? Voilà, je pense que c'est un bon résumé. C'est dur de faire plus court.

Crédit photo : © StarLadder
Tu l'as évoqué, tu sors d'un passage chez OG, tu as eu l'occasion de travailler avec Lambert en tant que head coach. Tu peux parler un petit peu de cette relation que tu avais avec Lambert ? Comment c'était de travailler avec lui ?
Sur le plan, comment dire. Entente ? Déjà, c'était forcément hyper simple. On se connaissait pas si bien que ça, Lambert, on n'était pas spécialement potes avant ou quoi. On se connaissait de pseudo, on s'était croisés à La Coupe par exemple quand on était avec LDLC, moi j'étais avec, peut-être MTP à l’époque.. ? Peut-être, je sais plus, mais voilà, une équipe de noob quand je m'amusais un peu dans le subtop et... qu'est-ce que je voulais dire ?
Donc on se connaissait peu, on a appris à se connaître, on s'est très, très bien entendus. Ça a été un petit peu un... justement, on a fait cet exercice justement, savoir c'est quoi un peu les forces de chacun. Si je dois en tirer une vraie conclusion, je pense qu'on ne s'est pas assez marché dessus avec Lambert. Maintenant que j'y pense, on ne s'est pas un peu... On ne s'est pas assez rentrés dedans. C'est le gros, comment dire, le gros feedback que je me ferais à moi-même et ce avec quoi j'avance maintenant chez HEROIC.
Je ne connaissais pas du tout le head coach, je ne le connaissais pas du tout, le coach avec lequel je travaille maintenant, doto, qui est un ancien joueur de ENCE, qui avait joué avec Snappi justement chez ENCE, qui est un Finlandais. Et là, c'est l'erreur que je ne reproduis plus avec doto, c'est que maintenant, dès qu'il y a un problème, on se rend enfin... “on se rentre dedans”, on reste polis, évidemment, on reste courtois, on reste professionnels, mais c'est plus, dès qu'il y a un souci ou que j'estime que quelque chose n'est pas bien fait, on se le dit, on avance et je n'hésite pas à lui marcher dessus si j'estime qu'il y a besoin de lui marcher dessus, et inversement.
C'est vraiment, il faut que ce soit comme ça, et il faut au moins que ce soit une relation peut-être amicale par moments, mais beaucoup plus professionnelle. Je pense que c'est un équilibre à trouver. Et c'est peut-être aussi plus facile dans le sens où je ne travaille pas avec un autre coach français, donc il y a moins ce truc de où on se parle tout le temps. Il y a quand même des fois cette petite barrière de la langue, dès fois, la journée est finie, allez. Alors qu'avec Lambert, c'était un peu ce truc de : la journée est finie, on parle en français tous les deux, même si on est une équipe inter, on va fumer une clope tous les deux à la pause. On était tout le temps collés.
Donc c'est des relations différentes, mais je suis content d'avoir... Je suis content d'être parti aussi de cette zone de confort, de travailler avec un binôme français. Parce que moi, pour mon propre développement, j'avais envie de sortir de ce côté en mode : il est là parce qu'il travaille avec un Français. Non, déjà je parle très bien anglais et, pardon, les chevilles de fou. Mais en plus de ça, c'est bien pour mon développement justement parce qu'en fait, ça reste une expertise a quand même développé le savoir-faire de faire du pep talk en anglais tout le temps, remotiver des joueurs en anglais, avoir des longues discussions poussées en anglais. C'est des choses que même si je parle très bien anglais, ça reste des trucs à développer. Voilà.
Dernière question de ma part pour revenir encore un petit peu plus loin sur ton parcours. Avant ça, les gens t'ont connu en tant que head coach chez 3DMAX. Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu comment ça s'est passé chez 3DMAX et quelles ont été les raisons de ton départ ? Tu n'es pas obligé de rentrer dans trop de détails si tu ne veux pas.
Évidemment, je peux rentrer, je peux rentrer dedans. Très bon timing pour demander par rapport à 3DMAX.
Comment ça s'était passé, mon époque chez 3DMAX ? Alors, je crois que j'ai fait que six mois avec eux parce qu'avant on était sous Looking For Org. On n'avait pas de structure.
Les problèmes qu'on avait en tant qu'équipe, on avait des problèmes de rôle. Déjà, on n'avait pas de joueur qui pouvait prendre de l'espace comme Graviti l'a été quand je suis parti. Donc je suis parti vraiment une semaine après que Graviti arrive pour remplacer hAdji. Et dès la première semaine avec Graviti était là, je me suis dit : « OK, il y a des problèmes que moi j'avais, qui vont être réglés par l'arrivée de Graviti. » Donc déjà sur ça, il avait énormément gagné.
Les problèmes qu'on a eus, on avait aussi, c'est pas du tout quelque chose de secret ou quoi; on avait déjà eu des problèmes de retards de paiement à l'époque. Tous les retards de paiement de cette époque, notamment les miens, ont été réglés. Il y en a des beaucoup plus importants maintenant, les sommes ne sont plus pareilles une fois que tu es qualifié Major. Qu'est-ce que je peux dire de plus ?
Moi, la seule tristesse que j'ai quand je pense à par rapport à 3DMAX, c'est la différence de soutien que je peux noter, tout simplement. J'avais cette fierté quand même d'être le head coach de la meilleure équipe française, parce qu'on avait plus d'équipes françaises vu que Vitality était parti à l'international. Je sentais cette ferveur un peu quand on faisait des tournois, de voir toutes les notifs sous les tweets. Même mon stream qui était suivi, après mon stream se porte bien aussi donc ça va, grace à la FRPL. Mais ce que je veux dire, c'est que je sentais cette ferveur que je ne sens plus du tout. Là, maintenant, je parle de trucs personnels, mais je me sens vraiment genre comme un homme de l'ombre dans une équipe inter. Et il n'y a pas de Français qui me suit à part mes potes, tu vois. Et des fois, c'est un petit truc qui me manque, tout simplement.
Donc j'ai un peu... c'est une volonté qui est aussi liée à un objectif d'équipe. J'ai hâte de voir comment ça se passera quand on va remonter, si on remonte dans le top 10 avec HEROIC. Enfin, ce sera monter pour moi parce que je n'ai jamais connu ça encore. Ce sera monter dans le top dix. Est-ce que ça va changer un peu ? Est-ce que j'aurai plus de gens qui vont me soutenir et tout ? Petit objectif purement personnel et égocentré, mais j'ai envie de voir comment ça peut se passer à ce niveau-là.
En tout cas, on te le souhaite. Merci beaucoup killa d'avoir pris le temps et je te souhaite le meilleur pour le reste de la saison.
Merci beaucoup.